Le rotin dans nos intérieurs : comment l'utiliser

Chaleureux et vivant, le rotin réchauffe une pièce comme peu de matières. Comment le choisir, l'associer et l'entretenir.

Le rotin est revenu dans nos intérieurs, et il y restera tant qu'il sera bien utilisé. Chaleureux, léger, vivant, il réchauffe une pièce comme peu de matières le font. Mais mal dosé, il fait basculer un salon dans la véranda. Voici comment le choisir, l'associer et l'entretenir.

Rotin, osier, cannage, bambou : de quoi parle-t-on ?

Ces termes sont souvent confondus. Le rotin est une liane de palmier à tige pleine, qui se courbe à la vapeur : c'est lui qui forme les structures de fauteuils et de tables. L'osier désigne des tiges de saule tressées, plus fines, typiques des paniers. Le cannage est un tissage fin, souvent en écorce de rotin, tendu sur un cadre : on le voit sur les dossiers de chaises et les façades de meubles. Le bambou, enfin, est une tige creuse et rigide, reconnaissable à ses nœuds. Savoir les distinguer aide à composer : deux tressages différents dans une pièce, c'est bien ; quatre, c'est trop.

Une pièce forte plutôt que trois

Le rotin se remarque. Il n'a donc pas besoin d'être partout. Choisissez une pièce qui porte l'ensemble : un fauteuil, une suspension, un miroir ou une tête de lit. Autour, quelques petits éléments (un panier, un plateau) suffisent à rappeler la matière sans l'imposer.

Le rotin réchauffe par sa présence, pas par sa quantité.

Avec quoi l'associer

Le rotin s'accorde avec presque tout, mais il change de caractère selon ses voisins. Avec du blanc et du lin, il devient frais et léger. Avec un bois sombre et une céramique mate, il gagne en profondeur et s'intègre à un intérieur japandi. Avec des textiles épais et des motifs, il s'installe dans le bohème. La règle qui ne change pas : une teinte naturelle, miel ou paille, se marie mieux qu'un rotin teinté sombre ou blanchi, qui vieillit moins bien.

Le bon équilibre — associez chaque pièce en rotin à une matière lisse et dense à côté d'elle : un plateau en bois, une céramique, un mur peint. Le contraste met le tressage en valeur ; deux tressages côte à côte s'annulent.

Pièce par pièce

Le salon

Un fauteuil en rotin avec un coussin épais en lin ou en laine, ou une suspension ajourée qui dessine des ombres douces le soir. Les deux ensemble, si le reste de la pièce est sobre.

La chambre

Une tête de lit en cannage adoucit un mur vide ; un grand panier au pied du lit accueille le plaid. Le rotin apporte ici une douceur que le bois seul n'a pas.

L'entrée

Des paniers identiques sous un banc pour les chaussures et les écharpes, ou un miroir au cadre tressé. C'est l'endroit où le rotin est le plus utile et le moins risqué.

La salle de bain

Avec prudence : l'humidité permanente fatigue les fibres. Préférez un panier pour le linge dans une salle de bain bien ventilée, et évitez les meubles structurels.

Bien choisir

Regardez la régularité du tressage et la finition des jonctions : les liens doivent être serrés, sans fibres qui dépassent. Une structure qui grince légèrement est normale ; une structure qui bouge ne l'est pas. Préférez une finition mate ou légèrement cirée : le vernis brillant durcit l'aspect et jaunit. À l'intérieur, évitez le rotin synthétique, pensé pour l'extérieur : son brillant plastique se voit tout de suite.

L'entretenir

Un dépoussiérage régulier à la brosse douce ou à l'aspirateur avec l'embout brosse suffit. Pour nettoyer, un chiffon légèrement humide, jamais trempé, puis un séchage à l'air. Éloignez le rotin des radiateurs et du soleil direct prolongé, qui le dessèchent et le rendent cassant.

Ce qu'il vaut mieux éviter

  • Le total look : fauteuil, table, suspension, miroir et paniers, tout en rotin dans la même pièce.
  • Mélanger rotin naturel et rotin teinté foncé côte à côte.
  • Un meuble en rotin posé sans coussin ni textile : il paraît dur et estival.
  • Le rotin synthétique brillant à l'intérieur.